La Francophonie (partie 4)

Publié le par lifim2010

IV.La décolonisation :

A. Définitions 

Il sera utile d’expliquer d’abord quatre mots en relation avec  le terme « francophonie » : colonisation/décolonisation/néo colonisation et post colonisation.

 

La colonisation:

1-Le fait de peupler de colons, de transformer en colonie.

2-Mise en valeur, exploitation des pays devenus colonies, colonialisme, impérialisme. Fait d'annexer, d'utiliser à des fins publicitaires, mercantiles.

3-BIOL. ÉCOL : Extension (locale ou générale) de l'aire occupée par une espèce, en général plus compétitive que d'autres. »

Il y a trois faits majeurs à retenir de cette définition. Tout d'abord que l'origine de ce mot date très précisément de la période durant laquelle la Nouvelle-France fut conquise par l'Angleterre. Deuxièmement, il faut remarquer que le colonialisme est directement associé à l'impérialisme, qui est une tendance tout à fait anti-sociale. Troisièmement, il est amusant, quoique troublant, de constater que seule la définition écologique de ce terme explique la situation de la nation.

Doucet caractérise dans ses "Commentaires sur la Colonisation" (1926) cette politique coloniale en ces mots :

"La politique coloniale est l'art d'organiser et d'outiller, suivant les méthodes modernes, un pays non civilisé, peu civilisé, ou possédant une civilisation très différente de la nôtre, dans le but d'accroître sa richesse et de servir, par contrecoup, les intérêts du peuple colonisateur".

 

La décolonisation :

1-cessation pour  un pays de l’état de colonie ; processus par lequel  une colonie devient indépendante.

2-libération de groupes humains ou de secteurs socioéconomiques tenus dans un état de dépendance,  de subordination  contre - colonisation.

Néo-colonialisme:  

1- nouvelle forme de colonialisme visant à la domination économique des pays en voie de développement.

2- domination économique d'une ancienne colonie.

Le terme néocolonialisme (ou néo-colonialisme) désigne, à partir des années 1960, les diverses tentatives d'une ex-puissance  coloniale de maintenir par des moyens détournés ou cachés la domination économique ou culturelle sur ses anciennes colonies après leur indépendance.

 

Post-colonialisme:

Le post-colonialisme ou post colonialisme est un courant de pensée dont les principaux fondements se situent dans l'œuvre d'Edward Saïd, L'Orientalisme paru en 1978. En tant que théorie littéraire, il fournit des outils critiques permettant d'analyser les écrits produits par les auteurs issus des pays qui ont une histoire de colonisation. Ces derniers incluent principalement les pays faisant partie des anciens empires coloniaux français, britanniques, espagnols et portugais.

Les principaux concernés sont donc les pays d'Afrique, l'Inde, les Caraïbes et les pays d'Amérique du Sud. Certains chercheurs considèrent que les œuvres produites au Canada, en Nouvelle-Zélande et en Australie peuvent également être qualifiées de postcoloniales, bien que ces pays aient acquis leur indépendance longtemps avant les autres. L'analyse peut aussi porter sur des œuvres ayant été écrites et publiées lors de la période coloniale en montrant dans quelle mesure cette situation de servitude est représentée dans cette littérature particulière.

      Dans un précédent entretien (Africultures 13, déc. 1998), Abdelwahab Meddeb en appelait à la levée du refoulé de l'africanité au Maghreb. Il appelle ici en écho à la méditation sur le temps colonial par la réflexion postcoloniale.

 

Pourquoi le concept de post-colonialisme, très étudié aux Etats-Unis, n'a-t-il pas rencontré un tel succès en France et dans le monde européen ?

Cela me paraît très simple. Penser le post-colonialisme en France devient quelque chose de refoulé. Je crois qu’à la place du post-colonialisme, on a inventé la francophonie, devenue une francophonie académique et officielle. Dans le cadre de la francophonie, on continue de fonctionner dans le topos centre/périphérie – la France étant le centre et l'origine de la langue et du pouvoir qui octroie et domine, et la périphérie n'étant là que pour recevoir. La notion de post-colonialisme implique la destitution du centre, l'idée même de centre se trouve dissoute. En France, on est hanté par une chose que les Arabes connaissent bien – c'est pourquoi, appartenant en tant qu'Arabe à une entité de très vieux destitués, je vois ça avec beaucoup de malice : la peur de la destitution.

 

B. La conception de la politique coloniale française:

En France, contrairement à d'autres pays ayant possédé des colonies et notamment l'Angleterre, l'idée de la colonisation ne reposait pas sur un concept unique, mais comme le constate Girardet :

" sur un système plus large de préjugés, de croyances et d'habitudes mentales, liées à la conviction très profonde et à peu près unanimement partagée de l'évidente primauté de la civilisation européenne, ‑ en vérité la seule Civilisation, ‑ par rapport à toutes les autres sociétés humaines. (...) il faut insister sur le fait que cette conviction dépasse très largement les oppositions politiques et les débats idéologiques ou confessionnels"

Doucet caractérisa dans ses "Commentaires sur la Colonisation" (1926) cette politique coloniale en ces mots :

"La politique coloniale est l'art d'organiser et d'outiller, suivant les méthodes modernes, un pays non civilisé, peu civilisé, ou possédant une civilisation très différente de la nôtre, dans le but d'accroître sa richesse et de servir, par contre-coups, les intérêts du peuple colonisateur".

 

 

 

 

 

C. La France et la francophonie :

Pour expliquer les rapports ambigus que la France entretient avec la Francophonie, il faut prendre en compte l’ensemble de son action politique et mettre en perspective 3 grandes périodes :

1929-1958 :l’empire.

1958-1962 :la décolonisation.

1962-1969 : la coopération.

L’essor de l’idée francophone nait évidemment de la décolonisation et dans une moindre mesure, de la prise de conscience par les québécois de leur spécificité linguistique et culturelle .la décolonisation a été voulue.

Il s’agit désormais au début des années 60 de sauvegarder à la fois les intérêts économiques et géopolitiques de la France et son image de défenseur du tiers monde face aux deux blocs que constituent les Etats unis d’Amérique et l’Union Soviétique.il s’agit pour le de maintenir l’influence de la langue et de la culture française dans le monde.

Concernant la France ; Sekou Touré résume brutalement une position partagée par de nombreux hommes politiques en France et dans le monde francophone :

« Elle est une tentative de trahison des intérêts africains...vieille volonté de maintenir la colonisation des pays qui veulent se libérer de l’exploitation, procédure qui consiste à accorder l’indépendance d’une main pou mieux l’enlever avec l’autre ».

 

 

Conclusion:

                                                   

C’est le 20 mars 1970 à Niamey (Niger) que 21 pays créaient l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT). Devenue en 2005 l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), celle-ci rassemble aujourd'hui 70 Etats et gouvernements (56 membres et 14 observateurs) qui totalisent 870 millions d'habitants, soit 13% de la population mondiale.

                                                   

Souvent considérée en déclin, la langue française est en relative expansion, mais elle le doit principalement à l'essor démographique de l’Afrique. Le nombre de personnes parlant le français dans le monde est estimé à 200 millions, ce qui fait du français la 9ème langue de la planète, et la 3ème sur internet : 5% des pages web sont rédigées en français, contre 45% en anglais et 7% en allemand.

 

Le principal échec de la francophonie réside dans le recul du français dans les institutions internationales. A la Commission européenne notamment, selon l'OIF, la part des documents d'origine rédigés en français est passée de 40,4% en 1997 à 28% en 2003 et sans doute à un quart aujourd'hui.

 

 

réalisé par: Ikram el Ayachi, Ouafae Hmam, Fatima-zahra Chkar, Meryem Gmih

 

Publié dans La Francophonie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article