Sémiotique de la culture marocaine

Samedi 4 juin 6 04 /06 /Juin 14:15

Il est Ali Ahmad Said Esber, dit ADONIS écrivain d’origine syrienne, naturalisé libanais. Il est né dans la montagne syrienne en 1930. Autodidacte jusqu’à l’âge de quatorze ans, à cause d’une inondation qui allait l’emporter. Initié par son père, un paysan lettré, à la culture arabe, à la poésie et au coran. Enfant précoce, et très talentueux, il est remarqué par le président syrien de l’époque, lorsqu’il déclame un poème en son honneur à l’âge de quatorze ans. Ce dernier lui offre une bourse pour suivre ses études au lycée français, et c’est à dix-sept ans qu’il publie ses premiers poèmes dans une revue locale sous le nom d’Adonis.

Licencié en philosophie de l’université de Damas en 1954, il poursuit ses études à Beyrouth, où il obtient un Doctorat d’Etat ès lettres arabes, une thèse époustouflante qui a bouleversé et renversé la conception des hommes de lettre arabes vis-à-vis des règles de la production littéraire.

Intitulée, Le Fixe et le Mouvant, elle évoque dès son titre un paradoxe pertinent. Une énorme réflexion qui traite de la notion de la tradition et de l’innovation dans la littérature arabe, où Adonis procède dans son analyse, par pair. Il adopte une méthodologie qui remet en question la dichotomie du Fixe et du Mouvant dans la littérature, avec toutes les éventuelles sous- dichotomies qui peuvent en résulter à partir de son champ lexical et sémantique :

-           Le fixe : sous entend chez Adonis, la tradition, les origines, l’imitation, la fidélité aux ancêtres et le passé.

-           Le mouvant : évoque l’innovation, la créativité, la mutation ou la mouvance, et le présent voire le futur.

 

Composé de trois volumes, l’ouvrage aborde dans le premier volume, intitulé « Les Origines », les caractères de l’immuabilité et la mutation, depuis l’avènement de l’Islam jusqu’à la moitié du deuxième siècle de l’Hégire. Pendant cette période les sources du fixe et de la tradition ont stagnées ainsi que celle de la mouvance et de la  créativité. L’auteur cite comme exemple la poésie préislamique (de l’ère de l’ignorance) :

Exemple : Cette poésie avait deux manifestations :

1.       Pour ce qui est du fixe, il s’applique aux textes provenant des poètes de la tribu comme institution, référence, et source (Exp : Zouhair ibno abi Salma et Labid).

2.       Quant au caractère mouvant, on le retrouve chez les poètes n’appartenant pas à la tribu ou ceux qui ont une vision différente de celle adoptée par les poètes de la tribu, c’est le cas de Mro’o Al Kais et des poètes errants (Saâliks).

 

Dans le deuxième volume, intitulé « L’Enracinement des origines », l’auteur illustre les traits de l’enracinement, de la stabilité et ses manifestations chez les anciensans la Sunna et l’Ijma, mais aussi les dans la théorisation des sources religieuses et politiques en citant comme exemple la théorie de « l’imam Achafi’i », ainsi que dans al théorisation des sources linguistiques et poétiques, en donnant l’exemple de « Al Jahed ». C’est la version fixe.

Quant à la version mouvante, elle se manifeste dans les mouvements révolutionnaires et dans les méthodologies expérimentales avec la mise en avant de la raison, comme c’est le cas chez « Al Mouaâtazila » (des adeptes islamiques qui débattent et expliques les lois religieuses avec la raison), chez les fanatiques et les soufis, et la concentration sur le spirituel et le moral.

Dans la poésie, il considère l’expérience de « Abou Naouass » et « Abou Tammam », dans la manifestation de la mouvance, dans le mesure où, ils ont libéré la poésie de sa conception et sa composition esthétique classique, et ont tenté de dénoncer, à travers leurs vers, les vices de leur société.

Pour l’expliquer, Adonis dit :

« Ainsi, la poésie chez Abou Naouass et Abou Tammam ne demeure plus une imitation de l’exemple patrimonial, elle ne calque plus la réalité. Elle deveint une innovation qui ne commence qu’à partir d’un rejet de la tradition. Le poète cée une distance entre lui et le patrimoine d’un côté et entre lui et la réalité d’un autre côté. »[1]

 

            Dans le troisième et dernier volume, intitulé « Le choc de la modernité », Adonis explique que la modernité n’évoque pas forçémment la notion de temps mais celle de la créativité. Il considère « Abou Naouass, Abou Tammam et Al Moutanabbi » plus modernes que « Ahmad Chawki et Samy Al Baroudi » dans le domaine de la poésie. Il incite à revoir la notion de la renaissance, il dit :

« De là, il faut revoir principalement l’évolution de l’ère de la renaissance, même si cette appellation provient de l’occident. Et en plus, cette ère n’a commencé qu’avec la conquête de Napoléon, donc il n’y a pas entre la renaissance arabe et celle occidentale un lien commun. L’origine de cette renaissance arabe n’est pas l’ancienne époque chrétienne occidentale, mais une origine grecque païenne. Et enfin, elle est a fait réversion totale sur le plan socioculturel. Alors que la renaissance occidentale n’a réalisé aucun pas radical poussant la société arabe à réaliser une telle révolution. »[2]

 

            De sa thèse l’auteur a déduit que :

« Puisque la culture arabe, avec sa forme ancestrale courante, de fondement religieux, je veux dire, tant qu’elle est une culture imitatrice, elle ne confirme pas la tradition seulement mais rejette aussi toute créativité, et al dénonce même. Cette culture ancestrale bloque ainsi tout progrès réel »[3]

 

            En guise de conclusion, nous pouvons dire que Le Fixe et le Mouvant peut être considéré comme une lecture critique du patrimoine arabe, une étude critique contemporaine comme celles de « Abed Jabri, Abdallah El Aroui, Hamid Abou Zid, Hassan Hanafi…etc ».

Le but de cette étude est donc, de pousser à puiser, dans le patrimoine culturel arabe, des qustions qui peuvent encore illuminer le présent et faire acquérir des souces éteincellantes de la créativité et dépasser ainsi le côté consomateur qui n’était que réponse à uen éperience provisioire passée, dasn le sens où toute époque est censée revoir sa problématique et reformuler ses questions.



[1] Adonis, Le Fixe et le Mouvant « Le choc de la modernité », Ed. Dar Al Fikr, 5ème édition, 1986.p.18.

[2] Ibid., P.284.

[3] Adonis, Op.cit. «  Les Origines », P.32

 

 

 

 

Fatima-Zahra CHKAR

Par lifim2010 - Publié dans : Sémiotique de la culture marocaine
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Samedi 4 juin 6 04 /06 /Juin 12:53

Histoire des juifs en Afrique du Nord,

André CHOURAQUI

 

Dans son ouvrage  Histoire des juifs en Afrique du Nord, André CHOURAQUI, raconte l’exil des juifs au Maghreb. Pendant près de trois millénaires, un exil achevé il y a quelques décennies avec l’accession du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie à l’indépendance coïncidant avec la résurrection de l’Etat d’Israël. 

Publié pour la première fois en 1985, et réédité en 1998, cet ouvrage distingue la réalité historique des mythes et des légendes, parce que les documents épigraphiques témoignant de cette période semblent très rares voire absents, et les récits d’historiens romains, arabes et hébreux sont parfois contradictoires et paraissent invraisemblables, ce qui fait de ce livre un ouvrage de référence.

Dans notre étude, nous nous intéresserons essentiellement aux origines du judaïsme au nord de l’Afrique, et ce depuis l’antiquité traitées par André CHOURAQUI, dans la première partie de son ouvrage.

 

Les origines du judaïsme en Afrique du Nord remonte à un passé très lointain, grâce à de nombreux flux migratoires partant de l’antiquité jusqu’au XVème siècle, mais le manque de documents certains et de justificatifs laisse le terrain vide devant les légendes et les suppositions.

Une première légende estime que la première vague des migrants juifs semble venir du Proche-Orient, dès l’époque des Phéniciens, quand des colons issus d’Israël se sont installés à Carthage avec des fondateurs phéniciens.

Une autre légende tenace, opte pour une origine palestinienne des populations berbères, selon un texte de Procope :

 

 

« Du temps de la conquête de la Palestine par les Hébreux, les Phéniciens, autochtones du pays, vaincu par Josué fils de Noun, le successeur de Moise, quittèrent leur patrie, émigrèrent en Egypte et de là passèrent en Afrique qu’ils occupèrent toute entière jusqu’aux colonnes d’Hercule » [1]

Une légende différente, parle d’une origine cananéenne des populations berbères. Cette version a été inventé par des auteurs juifs et chrétiens à fins polémiques, et a été reprise plus tard par Ibn Khaldoun, et a également été évoqué dans Le Livre des Jubilés où l’on estime que Cham fils de Noé, avait partagé  l’Afrique du Nord pour l’attribuer à ses enfants.

Ensuite, la littérature rabbinique a repris cette légende qui « resserre si étroitement les liens entre les berbères et Israël biblique » d’après  André CHOURAQUI.

Au moyen âge, cette légende s’est enrichit encore dans la littérature juive en estimant que les populations du nord de l’Afrique en seraient pas seulement cananéennes mais seraient également descendants d’Esaï dont un enfant s’échappa d’Egypte et se refugia à Carthage et y fonda un peuple, selon Yassiphon.

Cette légende avec ses différentes versions est d’une importance considérable, dans la mesure où elle fait des berbères des frères de race, de langue et de religion avec les juifs. Cependant, « la vérité de la légende c’est que dès le VIIIème siècle Avant J.C, l’Afrique du Nord subit ses premières influences sémitiques au début de la colonisation phénicienne. », Précise André CHOURAQUI.

Partis de Palestine avant la supplantation par l’araméen, les premiers colons juifs installés au milieu punique conservaient l’emploi de leur  langue originelle, qui était comprises par les autochtones.

L’ardent combat mené en Palestine par le peuple juif contre les romains a eu de profonds impacts sur les provinces africaines, dans la mesure où il renforça les colonies juives par de nouvelles populations déportées ou librement immigrés.

Parmi les premiers documents attestant de la présence des juifs en Afrique du Nord se trouve dans la controverse de Josèphe contre Appion : Ptolémée, fils de Laghus aurait déporté au 3ème siècle avant notre ère, cent mille juifs d’Israël en Egypte, qui seraient probablement passés en Cyrénaïque et puis dans les autres pays du nord de l’Afrique.  

La présence de vestiges archéologiques vient confirmer l’hypothèse de l’arrivée des juifs au Maghreb à l’époque du second temple.

La cohabitation judéo-punique avait duré plusieurs siècles, et était devenue plus étroite grâce à la fusion des langues, et se resserrera davantage devant l’envahisseur romain après la chute de Carthage.

La guerre contre les Romains  marquée essentiellement par la destruction du deuxième temple  en 70 après J.-C, ainsi que les conditions de vie précaires, la misère, la famine, l’insécurité, les persécutions et les exactions imposées par les romains, avaient contraint de nombreux Juifs à disloquer sur tout le pourtour méditerranéen, où ils seront rejoints par des milliers de combattants prisonniers devenus esclaves des Romains.

Les romains tenteront par la suite de limiter de plus en plus les libertés religieuses des Juifs et  repousseront aux frontières  les berbères, ce qui incite ces derniers à s’allier avec les juifs contre les romains afin de les repousser.

Au début du Véme siècle, les Vandales d’origine germanique, établis en Espagne, décident de conquérir l’Afrique romaine, et en chasser les Romains. Ils donnèrent aux juifs uen entière liberté religieuse et abolirent les lois restrictives qui étaient imposées par les romains. Mais cette paix et cette liberté n’a pu durer plus d’un siècle, parce que la persécution allait reprendre de plus en plus fort sous le règne de Byzance.

En effet, en 533, les chrétiens de Byzance envahissent à leur tour le Maghreb.
Les juifs vont alors connaître une période très sombre, avec conversions forcées, brimades, culte restreint et persécutions, pire encore, les restrictions concerneront même la vie intérieure du judaïsme.

Au début du VIIème siècle,  une importante immigration juive en Afrique du Nord s’est produite, suite aux persécutions dont étaient victimes les Juifs d'Espagne par le roi wisigoth et ses successeur ce qui a apporté un nouvel essor aux communautés juive d’Afrique.

Le règne le l’Islam fit son entrée en Afrique du Nord en 642, qu’il a gouverné prés de huit siècles avant que le Maghreb tombe aux mains des turcs, et que l’Empire Ottoman prend la relève. Cette longue période du règne le l’Islam en Afrique du Nord a vu succéder une multitude et un amalgame de dynasties arabo-musulmanes, où la communauté juive a subit de nombreuses métamorphoses  et de nombreuses conditions de vie.

 


 

Deux mille ans de vie juive au Maroc,

 Haïm ZAFRANI

 

 

En 1948, le Maroc compte 268 000 juifs. Aujourd’hui ils ne sont plus qu’environ 3 000. L’appel et l’organisation de « l’Aliya » (Le Retour) par les gouvernants du nouvel État d’Israël, puis l’inquiétude suscitée par l’indépendance, expliquent la véritablement l’immigration en masse de la population juive qu’a connue le Maroc.

 

Publié pour la première fois en 1983, et réédité en 1999, Deux mille ans de vie juive au Maroc,  de Haïm ZAFRANI évoque la mémoire de la plus importante communauté juive du monde arabe. Un ouvrage qui nous dresse l’historique de l’installation juive au Maroc et nous permet ainsi d’entrer pleinement dans la vie et les traditions de ces communautés au cours des deux derniers millénaires.

 

Or, nous traiterons, ici, que de la partie historique qui raconte l’avènement des juifs  et leur  installation au terre du Maroc en essayant de creuser dans leurs origines. 

 

 

Le judaïsme au Maroc plonge ses racines dans un passé très lointain, comme c’est le cas –nous l’avons vu avec André CHOURAQUI- dans tous les pays de l’Afrique du Nord.

 

Les juifs sont le premier peuple non berbère qui s’est installé au Maghreb et qui a continué à y vivre jusqu’à nos jours. Mais l’absence de documents épigraphiques sur la présence des colonies juives sur les cotes africaines donne à ce monde un caractère légendaire.

 

Le judaïsme marocain s’est formé à partir de trois strates : d’abord l’Antiquité, notamment sous l’Empire romain, ensuite une population berbère judaïsée ; et enfin une communauté juive arabophone avec la conquête arabe.

 

Certaines informations dans la littérature talmudique et homilétiques, ainsi que quelques éléments épigraphiques et archéologiques, sans oublier les récits d’historiens anciens ou modernes, évoquent le judaïsme cyrénaïque et la révolte juive contre le Trajan.

 

Une communauté juive importante habitait le la ville romaine de Volubilis, apparemment jusqu’à l’arrivée des arabes, où ont été trouvés, dans ses vestiges, un chandelier à sept branches et un débris de pierre tombale où est inscrit en hébreux « matrona bat rabbi Yehudah… » qui signifie « dame, fille de rabbi Yehuda, que repose (son âme) ».

 

La communauté juive au Maroc a vu son nombre s’accroitre grâce aux flux migratoires  abondants des juifs, et aussi au fort courant de conversion à la religion judaïque, parmi les autochtones et les étrangers.

 

Nombreux sont les historiens qui soutiennent la théorie de « la judaïsation des Berbère », selon laquelle la majorité des juifs maghrébins seraient d’origine berbère. D’autres, par ailleurs, la révoquent en doute, comme H.Z. HIRSCHBERG qui explique :

« Il semble, qu’il n’existe aucune base solide à la théorie des Berbères judaïsés, ceux qui se seraient faits juifs en toute chose et qui constitueraient ainsi l’élément ethnique fondamental du judaïsme maghrébin…la preuve déterminante de l’absence de toute assimilation de groupements berbères importants est l’inexistence absolue de la pénétration des langues berbères dans la littérature juive. A l’opposé, il existe des textes en judéo-arabe maghrébin »[2]

 

 

Cependant, les enquêtes en milieu berbérophone du Maroc (mellahs du sud marocain et vallées de l’Atlas), montrent que l’enseignement traditionnel employait le berbère pour expliquer et traduire les textes sacrés au même titre que les autres communautés employait le judéo-arabe ou le judéo-espagnol.

 

Quant à la période qui sépare l’époque romaine des débuts de la conquête arabe, les documents semblent quasi absents et le vide semble profond.

 

Dans le Maroc antéislamique, se mêlaient christianisme, judaïsme et paganisme. Certains chroniqueurs  attestent qu’Idriss Ier durant ses conquêtes se trouva devant des tribus chrétiennes, juives et idolâtres.

 

Les juifs furent admis par Idriss II dans les murailles de Fez où ils habitèrent la zone entre Quarawiyin et Bab Gisa (fuduq-l-iudi), jusqu’à la fondation de l’actuel mellah de      Fès-jdid par les Mérinides.

 

A l’époque des Almoravides, la capitale Marrakech resta interdite aux juifs, qui vivaient à Aghmat-Ourika au sud-est de la ville, avant que le sultan saâdien Ahmed Ed-dahbi les invite à venir s’y établir (1578-1603). Elle fut alors pendant de longs siècles un foyer de diffusion de la science juive pour les régions du Sous, de l’Atlas et des villes méridionales de l’Atlantique.

 

Au IXème siècle, une communauté juive importante vivait à Sijilmassa, ville célèbre par son commerce avec les pays des bords du Niger, du centre de l’Afrique, avec l’Egypte et les Indes, où les juifs avaient une part éminente dans les échanges et la circulation des biens.

 

La reconquista a eu de mauvaises répercussions sur la communauté juive du Maroc, qui vit ses malheurs grandir lorsque les juifs chassés d’Espagne commencèrent leur mouvement de reflux vers les pays du Maghreb. En effet, les « mégorashims » = expulsés, espagnols et portugais arrivaient par vagues successives et s’installaient définitivement en Bérberie, dans les ports méditerranéens ou atlantiques et dans les métropoles de l’intérieur du pays,  apportant avec eux leur vielle langue castillane, leur science, leurs institutions communautaires, leurs usagers, leurs coutumes, leur esprit d’entreprise, ce qui faisait d’eux un groupe socioculturel dominant face aux « toshabim » = autochtones. Ce qui a  créé de nombreux troubles et déséquilibres dans la vie des communautés locales.

 

Les « toshabim » et les « mégorashims » restèrent longtemps opposés sur certains points de culte, mais les nouveaux venus finirent par dominer et gouverner partout où ils s’établirent. Il n’est pas à nier, pourtant, le facteur enrichissant et spirituel considérable apporté par les expulsés.

 

Le judaïsme marocain sous le règne de l’Islam a connu la persécution, les exactions, les brimades. Musulmans et juifs, bien qu’étant de statut inégal au niveau politique et religieux, ils coexistaient dans uen collaboration féconde, souvent dans la paix et la prospérité, sauf en périodes de violence qui marquaient les interrègnes, les révolutions des palais, les bouleversements dynastiques…etc., où on assistait généralement à des « razzias », pillage et massacres.

 

Les juifs on dû payer un tribut plus lourd : la conversion ou l’exil, lors du « Jihad » que l’on prêchait quand les troubles politiques se compliquaient et se transformaient en guerre de religion. Mais le drame le plus douloureux a été celui des populations juives soumises à l’autorité almohade, c’était terrifiant et ses conséquences étaient décisives pour le judaïsme maghrébin.

 

Après la création de l’Etat d’Israël en 1948, et l’avènement de l’indépendance des pays maghrébins, on a assisté à une migration en masse de  communautés juives entières, pour s’installer pour la majorité en Israël, sinon en France, en Espagne, au Canada et ailleurs.

 

Avec la dislocation de ces populations de deux millénaires, disparait tout système de vieilles structures, de traditions linguistiques et culturelles riches et originale



[1] CHOURAQUI A., Histoire des Juifs en Afrique du Nord, Paris 1985, ed. Hachette.P.49

[2] « Histoire des juifs d’Afrique du Nord », Jérusalem, 1965, en hébreu, volume II, p.36 et 86, in Deux mille ans de vie juive au Maroc,  ZAFRANI, H., casablanca 2000, ed. Eddif.p.12.

 

 

Fatima-zahra CHKAR

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